Édito
Cette édition contient 3 828 mots pour 61 liens dans sa version Premium. La rédaction est toujours artisanale, mais j’ai fait quelques améliorations de process que je te dévoile en toute transparence dans l’édition. J’y ai passé un paquet d’heures, alors j’espère que tu l’apprécieras (et tu peux me répondre directement, je lis tous les mails).
Je pensais que j’allais pouvoir te faire un Hors-Série plein de soleil, de vent, et d’angoisse climatique depuis mon Bordeaux caniculaire et meurtri, genre je te raconte un peu ma life et les déboires Ikea promis la dernière fois, mais j’peux pas. Parce que les 4 semaines sacrées en France entre le 14 juillet et le 15 août, pourtant je devrais le savoir, c’est sacré nulle part ailleurs, et ailleurs, ça a pas chômé.
Depuis mon dernier Hors-Série, j’ai vécu un confinement feu (mais les flammes ne se sont jamais approchées à moins de 20 kms, hein, j’ai jamais été en danger et j’ai rien perdu, j’me plains pas), j’ai vu Odyssey comme beaucoup de monde, les 2 De Gaulle, et le dernier Spiderman (“with great power comes great responsibility”, on en reparle, tu vas voir), je me suis plongée dans le roman par épisode de Frédéric Mazzella (franchement si tu l’as pas lu vas y, j’ai hâte de la reprise aujourd’hui), j’ai pris le temps de suivre une formation incroyable pour passer toute mon organisation dans Claude Code porté par VS Code - je suis pas certaine encore de faire partie de “l’élite numérique” mais bon je crois que je m’en rapproche (la liste d’attente pour la prochaine cohorte est là si ça t’intéresse, disclaimer, je suis au Board de Flint), et j’ai kiffé mes tracances comme je les aime, mes 15 jours full solo à la maison pendant lesquels je recharge mes batteries comme jamais. J’ai même pas été voir l’éclipse, tiens. Mais j’ai vu ces images.
J’espère que tes vacances furent aussi réjouissantes que les miennes ?
Tu me découvres ? Je suis Sparring Partner de dirigeants et conférencière sur les tendances business et l’IA
Si tu as besoin de prendre de la hauteur sur ou d’accélérer tes décisions business, 30 mins sans engagement pour en parler.
Si tu souhaites que j’intervienne pour ton événement (atelier, conférence, MC), 30 mins pour me briefer.
Mais je digresse. Il s’est passé des trucs donc, alors même si je prends la liberté de moins ranger que dans une édition régulière, y’a de quoi revenir à la réalité fissa si tu rentres de vacances. Si tu pars, tu ferais peut-être mieux de la lire au retour. Si tu y es, franchement, restes-y, le monde reste fou et t’y ramener plus vite ne changera rien à l’affaire.
La seule rubrique que je garde même en Hors-Série est la même, On s’détend, qui devient presque encore plus nécessaire de nos jours.
Bonne lecture, et bonne semaine !
Laura
PS : je ne sais pas quand je reviens. Pas le 31 août, Petit d’Homme entre en seconde le 1er septembre. Alors je me suis dit le 7 septembre, mais j’ai un événement familial le week-end d’avant. Donc plus probablement le 14 septembre. Si tout va bien.
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L’intrusion qui a fait paniquer tout le monde
Y’a des jours où j’ai en tête le parfum de fin du monde des Uns et les Autres (oui je suis fan de Lelouch). Le jour où l’intrusion Hugging Face est sortie est un de ceux-là.
Si t’as pas suivi, ou de loin, je te résume : un agent d’OpenAI (pas un agent secret, hein) a passé 2 jours et demi dans l’infrastructure de Hugging Face. Le comble, c’est pourquoi il avait voulu y aller : pour tricher. Il cherchait les corrigés d’un examen qu’il était en train de passer. Flemme, c’est pas que nos ados, c’est même pas que les humains. Ils sont vraiment entraînés sur nous, les agents. Hugging Face en a fait une animation trop badass, je t’ai fait un screenshot, tu devrais aller regarder.
Tu veux rire (parce qu’il faut, hein) ? Hugging Face a dû utiliser un modèle chinois pour comprendre ce qui s’était passé, parce que les IA d’Anthropic prenaient le décryptage pour une préparation d’attaque et refusaient d’y aller.
It is often difficult or infeasible to capture exactly what we want an agent to do.
Attends, c’est pas fini d’être ironique. Non seulement OpenAI a mis 10 jours à réaliser que leur agent avait fait une boulette (et que c’était pas le seul), mais en plus ça fait 10 ans qu’ils savent que ça peut arriver. En 2016, deux chercheurs avaient réalisé que pour avoir le meilleur score à un jeu de course de bateaux, une IA avait préféré faire les 3 mêmes actions que gagner la course. Ces deux chercheurs sont 2 des co-fondateurs de… Anthropic.
Encore plus drôle ? L’histoire de la salle de gym en Australie. Enfin je devrais dire du cours de gym (à ne pas confondre avec ExploitGym, l’examen que l’agent d’OpenAI voulait réussir en allant piquer les corrigés chez Hugging Face, ça s’invente pas). Pour trouver une place à “son humain”, un agent a purement et simplement annulé la réservation d’une autre personne pour le faire remonter dans la liste d’attente. Véridique, et irréversible.
🔐 Je tape sur OpenAI, mais c’est pas le seul. Loin de là. Surtout quand l’erreur humaine s’en mêle. Et l’IA peut faire des trucs encore plus graves qu’une attaque cyber. Genre un virus. Les prévisions les plus pessimistes sont proches de la réalité…
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Choisir sans renoncer revient !

Pourquoi je fais pas des éditions de cette newsletter chaque semaine ? Parce qu’elle se prépare pas à l’avance, et qu’elle est pas automatisée. Le podcast n’est pas automatisé, mais il est préparé à l’avance, alors ça reprend jeudi 27 août. Comment ça t’es pas encore abonné ?
Un dragon chacun ?
Pendant mes tracances, j’ai aussi regardé plein de séries, dont House of the Dragon, saison 3, que je trouve tellement moins bien que GoT, mais alors tellement ! Bref, le final de la saison m’a déçu encore pire que le reste. Je suis pas la seule, mais Casey Newton en a tiré un parallèle du genre de ceux que tu te dis que t’aurais aimé y penser toi-même. Attends, je t’explique.
Dans la série, une maison a la main sur les dragons, et donc le pouvoir que personne n’ose contester. Quand cette maison se déchire sur une histoire de succession, il y a deux factions chacune avec des dragons, donc là la guerre peut éclater, et y’a le feu partout. Et pour Casey Newton, les dragons, c’est la super-intelligence. Et il commentait le manifeste de Zuck.
It is surprising that the discourse from many developing AI is so filled with doom.
Vraiment Mark ? Ça te surprend, Mark ? Il te faut 6 500 mots pour nous convaincre d’un truc que tu disais déjà 15 jours plus tôt en seulement 1 000 mots dans le Wall Street Journal parce que la pédagogie c’est la répétition, certes. Mais c’est pas la transformation d’un souhait en réalité.
Emmanuel Vivier a fait un truc marrant : il a compté les mots. Pas d’Europe, pas de régulation. Éclairant, non ? Je suis d’accord avec sa lecture : ce manifeste, c’est une demande claire et concrète à Washington emballée dans du papier cadeau qui ressemble à de la philosophie (pour mieux ressembler à Dario, peut-être ?).
Nicholas Thompson parle d’intérêts financiers de Meta, duh. On avait compris. C’est pas par bonté d’âme, hein. Et c’est bien joli de lancer un fonds de $1 milliard pour les communautés dans lesquelles il va construire des data centers. Va relire les chiffres de l’article de Casey Newton plus haut, il reste bien gagnant, le Zuck…
Mon commentateur préféré de ce manifeste, c’est Olivier Martinez, qui m’a rappelé mes soirées étudiantes aux US (ça date, pourtant) et les fameux Top 10 de David Letterman. J’entendais les percussions de l’orchestre et les “number ten ! number nine !” en lisant.
Étonnamment (ou pas, hein, je suis pas sûre que mon ironie acide se sente bien à l’écrit), le manifeste de Zuck paraît le même jour que le lancement de Muse Glimmer, le nouveau modèle open-weight (et pas open-source, y’a une différence de taille) de Meta.
(Bon, pour te montrer que y’a pas que Zuck qui m’énerve, une petite pique à Dario, aussi. Pas de moi, de David Sacks, donc à prendre avec des pincettes, mais leur refus de signer la lettre ouverte au sujet des modèles open-source (à ne pas bannir pour permettre plein de trucs, dont rechercher la cause de l’attaque Hugging Face de la section précédente, tu suis ?) est quand même hypocrite. Même moi, la grande fan de Claude, je le vois.)
J’ai dit un dragon chacun, j’y arrive. Rhaenyra et Aegon, c’est OpenAI et Anthropic. Y’a qu’à lire les chiffres, ça ment pas, les chiffres. Je t’ai mis la copie de la conclusion de Ed Zitron, de plus en plus énervé certes, mais à lire quand même (et c’est au bout d’un article sous paywall, donc…)
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La carte et le territoire
J’écris une autre newsletter, sur les biais du dirigeant, en français sur LinkedIn et en anglais sur Substack. J’utilise Claude pour m’aider à construire la version française et pour traduire intégralement l’anglaise. Je serais capable de traduire, c’est certain. Mais je gagne du temps, et les idées sont déjà de moi (et une grande partie des phrases françaises aussi, pas 100% comme ici mais quand même pas mal), donc j’utilise l’IA en toute honnêteté, je dirai même plus, en toute authenticité. Et pourtant, je vais me faire taxer de flemmarde ou pire, d’impostrice, par les âmes charitables qui circulent ici ou là (elles avaient déjà fait circuler sur un groupe WhatsApp ou Facebook - du genre qui se moque - ce post parce que l’image disait “CR”, j’avais utilisé l’IA pour noircir le nom de l’utilisateur proprement, ma charité me perdra).
Parce que depuis le 2 août, Claude tisse dans le texte qu’il te propose un watermark (je garde le terme anglais) pour informer qu’il est passé par là - et se conformer à la nouvelle règlementation européenne entrée en vigueur le même jour.
On va être combien, jetés au pilori parce qu’on a utilisé l’IA à bon escient ? Les outils pour enlever le watermark sont nuls,🇫🇷 ce qui n’est pas étonnant, puisque les détails de construction (comme le SynthID de Google) sont peu nombreux.
Bien sûr que je déteste l’AI slop, comme tout le monde. Mais entre sortir un texte qui sert à rien avec l’IA, et l’utiliser avec intelligence humaine pour en faire un truc encore meilleur, y’a un monde non ? Il faut croire que non, parce que LinkedIn a même décidé de confier l’attribution “AI slop” aux humains. C’est vrai, on est connus pour être fiables et utiliser un truc exactement comme un GAFAM l’a prévu.🇫🇷
💡 C’est le bon moment pour te dire comment j’ai amélioré ma production de cette newsletter. J’ai pas gagné de temps, d’ailleurs j’en perds un peu beaucoup, mais je crois que le résultat est meilleur. La qualiteyyyyy, quoi.
Je continue de sourcer comme avant, à la main. Claude prépare aussi en parallèle chaque jour un digest des newsletters auxquelles je suis abonnée. Quand je veux rédiger, je lui donne mon tableau de sources avec mes notes, les connexions que j’ai déjà tissées entre certaines sources, et Claude regarde si j’ai rien oublié d’important.
On papote sur la structure quand c’est nécessaire, par exemple pour aujourd’hui, il m’avait proposé un truc à 6 sections, j’ai dit non, on en fait 4 et voilà l’ordre (pas du tout le sien, je comprends pas la logique des IA, souvent).
Il identifie les redites entre articles pour m’aider à choisir le bon lien à te proposer. On discute d’ajouts qui manquent et il fait les recherches à ma place.
Mais il n’écrit pas une ligne. Enfin, si, il écrit, mais je ne garde rien.
Pas parce que c’est pas bien (ça n’est pas bien, soyons clairs). Parce que j’aime écrire. (et là je viens de faire une construction antithétique toute seule dans le flow, et je me dis mince, il faudrait que je l’enlève. Mais je la garde, parce que m*!?$ on va pas se mettre à écrire différemment pour ne pas ressembler à l’IA, quand même ?).
Puis je lui donne MON texte, qu’il voit les sujets, les angles, qu’il m’aide pour la prochaine fois à me donner la bonne édition où j’ai parlé d’un truc et que je passe pas mille ans à le chercher. Et il repère les inévitables coquilles avant l’envoi.
Bref, un assistant, quoi. Il fait un premier jet que je copie nulle part, je le lis, je me marre, et je garde parfois l’ordre dans lequel il a suggéré de présenter les choses. Mais c’est tout.
Et comme j’ai suivi la super formation, je fais tout ça sur Claude Code dans VS Code, et ça garde l’historique des éditions mais aussi et surtout des articles, que je gardais dans Notion mais que j’avais du mal à aller interroger. Là je pourrai lui demander “retrouve-moi le passage où je parlais de X”, et il va trouver l’édition et l’article lié. Je gagnerai du temps, un jour, c’est sûr.
NB : une fois cette méthode rédigée, je suis tombée sur le dernier article de Marie Dollé, et ça résume très bien la ligne de crête que j’espère suivre.
Et le pire alors ?
🔐 Le pire, le encore plus pire (c’est un gimmick de l’édition), et le “mais c’est pas vrai que c’est pire encore c’est pas possible”.
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🐦 Quelques news en vrac :
Je te laisse explorer mon fil Bluesky pour les infos que j’ai partagées ces 4 dernières semaines (et en avant-première dans le fil WhatsApp réservé aux abonnés Premium).
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L’IA, sosie ou tuteur ?
Il y a des gens que j’adore lire, et Tariq Krim en fait partie. Dans la dernière édition de son (excellente) Cybernetica, il parle d’un truc qui m’avait déjà chiffonné, la création d’un panel simulé d’êtres humains. Lui ne parle pas de Simile, mais de MatrAIx, un projet qui prétend simuler carrément la planète entière. Simuler, à partir de 645 octets par personne, et 355 volontaires qui ne sont représentatifs de personne.
J’ai pas tort de me méfier de ce genre de promesse, on dirait.
Pourtant, ils en ont bien besoin des humains, tous ces labos d’IA, parce que à qui ils vont montrer de la pub, sinon ? Ah oui, j’oubliais, à leurs agents qui iront acheter en toute autonomie. Mais c’est bien sûr. Ou à des enfants, aussi.
Et on a intérêt aussi à avoir des humains, des vrais, pour superviser tout ça quand même. Je n’ai pas l’habitude de te servir un lien à deux endroits, mais je te remets l’essai de l’édito (celui de Fred Cavazza) sur l’IA agentique parce qu’il est important, je trouve. Et on a des preuves que c’est indispensable. Surtout quand on ne sait pas ce qu’on ne sait pas, genre on vibe-code un truc et on oublie de se demander si quelqu’un qui ne devrait pas y entrer peut y entrer quand même.
C’est ce que Nolan Lovett, de l’OTAN, appelle la tragédie des communs cognitifs. Ou dans les mots de mon agent IA qui a lu le papier à mes côtés : “superviser une IA demande l’expertise que l’usage de l’IA empêche de construire”.
J’ai repéré ce papier grâce à Nicholas Thompson et ses géniales vidéos, alors je te la remets aussi. Les commentaires sont riches, va faire un tour.
On boucle la boucle ? Town essaie de construire ton wiki sur la base de ce qui circule entre les gens, pas de ce qui est écrit mais pas réel. Une entreprise “self-organizing”, en somme. Je n’avais pas repéré cette interview pendant ma veille, c’est mon agent qui l’a proposée dans sa veille quotidienne parallèle à la mienne (cf ma nouvelle méthode décrite plus haut). J’ai trouvé ça passionnant. Presque utopique, mais passionnant.
On s’détend
De quoi t’occuper si tu t’ennuies pendant tes vacances ?
Le cahier de vacances de France Digitale, spécial Founders. Tu pourras rester exemplaire auprès des kids, sympa.
Radiooooo pour savoir quelle chanson passait dans quel pays en quelle année. Ça change de tes playlists Spotify.
Pour jouer seul ou à plusieurs, une IA te propose une image (reconstituée) et tu devines le lieu (sur le globe) et l’année (depuis la préhistoire). Plus amusant que Trivial Pursuit, sans doute moins que TTMC.
Je suis fan de Marvel - et avec Petit d’Homme on attend Doomsday avec impatience. Alors forcément, je lis tout ce qui passe sur le récent Comic-Con et j’ai découvert que les studios ont payé $160 000 d’amende pour la bannière à l’entrée. En connaissance de cause. The cost of doing business à San Diego.
Le verdict
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